Ils coupent la route d'un avion.

SALÈVE C'est depuis ce site très fréquenté par les parapentistes que les contrevenants ont décollé. Les autorités françaises ont le pouvoir de prononcer la fermeture de l'endroit.

GENÈVE Des parapentistes violent l'espace aérien de l'aéroport. Un appareil de ligne a dû descendre pour éviter cinq adeptes du vol libre partis du Salève. Les autorités suisses ouvrent une enquête

FRÉDÉRIC JULLIARD 17 septembre 2006
Cinq parapentistes ont provoqué un sérieux incident dans le ciel genevois. L'après-midi du 22 août, ces adeptes du vol libre ont décollé du site préféré des Genevois: le Salève, en France voisine. Grâce à des courants ascendants, ils ont rapidement gagné de l'altitude, au point de se retrouver sur la trajectoire d'un avion de ligne, qui a dû se dérouter pour les éviter!

«A cet endroit, il est interdit de dépasser les 1700 mètres d'altitude», explique Stéphane Laude, directeur technique d'Air Salève, un club qui organise des cours de parapente. Les cinq parapentistes, deux Suisses et trois Français, ont passé outre l'interdiction. Ils ont poursuivi leur ascension et pénétré dans l'espace aérien de l'Aéroport de Genève, au moment où un avion approchait.

«L'appareil a dû descendre de 300 pieds pour les contourner», indique Stéphane Laude. Selon lui, les cinq amateurs de sensations fortes «savaient parfaitement ce qu'ils faisaient. Les ailes modernes permettent de contrôler la montée. De plus, les règles à respecter sont affichées dans la zone de décollage.»

Amende et plainte pénale
En Suisse, l'incident est pris très au sérieux. L'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) a ouvert une enquête. «Un avion de ligne a effectivement dû se déporter, confirme Mireille Fleury, porte-parole de l'OFAC. Si l'enquête révèle des manquements de la part des parapentistes, nous pouvons engager des poursuites administratives contre eux, leur infliger une amende, voire déposer une plainte pénale. Nous sommes en train d'analyser précisément ce qui s'est passé.»

Les amoureux du vol libre, eux, ne décolèrent pas: l'affaire pourrait conduire la Direction générale de l'aviation civile française (DGAC) à fermer le site du Salève. «La DGAC a même le pouvoir de prononcer une fermeture définitive, regrette Stéphane Laude. Aux dernières nouvelles, elle pourrait finalement renoncer à une telle sanction. Heureusement, car plusieurs emplois sont en jeu, dans les écoles de parapente et les restaurants installés au sommet. En été, des dizaines de pilotes suisses et français décollent d'ici chaque jour.» Selon nos informations, les parapentistes fautifs ont été identifiés. Ils risquent de payer cher leur amour de l'altitude...

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